Sexe, genre la fabrique des corps

Dans le cadre du Salon Méditerranéen des publications de Femmes à Marseille les 6 et 7 avril réalisation d'une exposition photos sur le thème de la fabrique des corps, sexe et genre

 

Judith MARTIN-RAZI RECIDIVE DE PHOTOGRAPHIE, FEMMES

 

Un jeu de vingt photographies énonce au féminin les mutations souvent évoquées politiquement, socialement, charnellement.

Sa part d’artiste photographe nous relance dans cette actualité.

Mais de ce travail, c’est une femme icône, une seule qui témoigne dans une morphologie multiple des apparences.

Ce modèle là deviendrait presque la nouvelle Eve dans un jardin partagé. Adam pourrait s’en extraire (volonté ?).

Cette Eve se vêtit de parures signifiantes. Dans ce voyage plusieurs exemples surgissent :

Eve cabossée le visage martyrisé où manquerait la hargne d’une couronne d’épine. Une ombre verte au tableau, fantomatique, une serrure de grillage donne la clef de la toute puissance soumise à la dépossession du corps féminin.

Mais cette Eve transfigurée malgré tout reste rebelle puissante.

Quand elle se grime d’atours de guerre l’handicap d’une jambe articulée, Eve trône pour dire ses vérités.

Je suis multiple en une, elle élève l’homme en leur jardin commun, son ventre attend un enfant possible.

L’artiste s’est mariée avec Eve vingt fois, une bague généreuse au doigt atteste les vingt témoignages photographiques.

 

Yves Yacoël

Artiste plasticien

Mars 2018

 

 

© Judith MARTIN-RAZI

 

MES INTENTIONS

 

Le choix du modèle féminin unique marque le sexe féminin alors que les différents tableaux soulignent le genre social.

Chaque mise en scène photographique accentue l’idée qu’une femme est à la fois unique et multiple. A noter ma volonté de casser les codes.

 

Ces femmes sont gaies, et quelle que soit la situation dans laquelle elles se trouvent, elles restent respectables, dignes et pour certaines s’assument et ne se vivent pas comme une victime à vie.

 

J’ai voulu montrer qu’il n’existe pas LA femme mais DES femmes et en même temps nous sommes toutes femmes donc solidaires. L’individu est multiple, ce n’est jamais une personnalité monolithe, cette constatation nous pousse à nous poser des questions.

La première de ces constatations n’est-elle pas de prendre conscience que souvent on ne vit qu’à travers le regard des autres.

 

Un accessoire se retrouve sur toute les photos sans tenir compte, que parfois, l’objet est anachronique (c’est encore une autre façon de casser les codes).  Porter une bague avec une turquoise n’est pas anodin. la bague est  le fil « rouge » la continuité de la série des photos.

 

L’être et l’apparence :

 

Peut-on être ce que l’on paraît ? N’est-ce pas une image subjective ?  Qu’est-ce que l’apparence? La sagesse populaire ne dit-elle pas que « l’habit ne fait pas le moine », nous ajouterons que la nudité ne fait pas la putain.

En effet, être et paraître, ne sont pas que les apparences.  Tout est comportemental, car nous jouons un jeu de rôle dans la vie de tous les jours d’une façon plus ou moins constante.  Pourquoi cet artifice ? Parce qu’on a besoin d’être aimé, d’être apprécié peut-être ?

Dirions-nous que le paraître n’est que le déguisement de son être, afin de se protéger ? On peut aussi dire que le paraître est une façon de se dissimuler. Mais de qui et pourquoi ?

 

Cette série de photos que j’ai traité comme des tableaux est à la fois un travail artistique et un travail pédagogique. Un PowerPoint a été fait sous forme pédagogique, il est à la disposition des enseignantEs qui le désirent en contactant le Collectif 13 Droits des Femmes à Marseille.

 

Je tiens à remercier le Collectif 13 Droits des Femmes qui m’a permis de réaliser ce travail.

Je n’aurai jamais pu photographier dans des conditions aussi optimales de travail sans mon équipe à qui je tiens à faire un spécial remerciement en les nommant :

 

- Aleksey D’Havlcyon  la modèle,

- Mélanie Rathelot  la maquilleuse des effets spéciaux

- Jacques Ariès le coiffeur

- Patrick Di Domenico l’assistant

 

Grand merci à eux quatre.

 

 

Judith Martin-Razi

Marseille, 6 avril 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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© Judith Martin-Razi